Le chemin de fer arrive à Comines

Pont chemin de ferLe 15 juin 1876, il y a exactement 143 ans, c’était la fête du Saint-Sacrement. Mais ce qui restera de ce jour-là dans l’histoire de notre ville, c’est surtout qu’eut lieu dans le même temps l’inauguration de la ligne internationale de chemin de fer passant par Comines.  Les deux cérémonies, d’ailleurs, n’étaient pas si éloignées l’une de l’autre qu’on pourrait l’imaginer aujourd’hui : l’archiprêtre de Saint-André, représentant l’Evêque de Cambrai, vint bénir le chemin de fer, et un cortège mené par le Préfet, les autorités départementales et les représentants des compagnies régionales de chemin de fer se forma ensuite jusqu’à l’église. Puis, toute la journée, des festivités grandioses furent organisées, et tous les fonctionnaires, édiles, associations de Comines se mobilisèrent pour animer les rues de la ville. Le point d’orgue final fut un magnifique feu d’artifice.

Le passage du train à Pont de chemin de fer (2)Comines n’avait en effet pas été une mince affaire : la ligne n’était rien moins qu’internationale, et raccordée au réseau belge, elle établissait la liaison Lille-Ypres. Sept ans avant la création du célébrissime Orient-Express, le projet avait nécessité la signature d’une convention franco-belge en 1873 ; il avait fallu harmoniser les règlements de police, de douane entre les deux pays, et le tracé avait été plusieurs fois modifié, ce qui coûta très cher à la ville : au départ la gare devait se trouver derrière le cimetière et l’usine à gaz, or vous conviendrez que ce n’était pas très pratique d’accès. Surtout, pour permettre le franchissement de la Lys, il avait fallu construire un pont métallique (une véritable innovation à l’époque), qui fût assez élevé pour que les bateaux puissent continuer à circuler sur la rivière.

Rue de la Gare SIGNEELa mise en service du chemin de fer fut d’autant plus importante pour Comines qu’elle fut aussi l’occasion de modifier le visage de la ville. On assista en effet à un véritable développement du tissu urbain et industriel. Des voies d’accès à la gare furent créées, et c’est par exemple à cette occasion qu’on perça la rue de la Gare, -l’actuelle avenue du Maréchal Leclerc- à travers maisons, pâtures et jardins privés.

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Un tramway à Comines

Tramway SIGNEEVous prenez peut-être la Liane de temps en temps ? Et sans doute alors pestez-vous en constatant qu’elle met trois bons quarts d’heure (enfin, « bons », on se comprend ! ) pour arriver à Lille.

Eh bien la prochaine fois, ayez une pensée amusée pour tous ces gens qui étaient en liesse lorsque le 13 juin 1897,  on inaugura le petit tramway à vapeur qui reliait Armentières à Halluin, et qui traversait Comines à 10 km/h. Evidemment, le tram compensait ensuite cette allure d’escargot lorsqu’il atteignait la rase campagne, car alors, il roulait à la frénétique vitesse de pointe de… 20km/h ! Songez donc !!! Une vitesse qui aurait fait pâlir Fangio (mais certes pas d’envie) et qui a quand même réussi à provoquer quelques accidents (comme quoi !…)

Bref, Il fallait plus d’une heure et demie pour parcourir les 25 kms de la ligne, mais quel progrès c’était à l’époque ! Pour les travailleurs, mais aussi pour le courrier et les marchandises, ce tramway était vraiment une bonne opération. Je pourrais dire aussi pour le commerce, car de nombreux cafés s’établirent peu à peu sur le tracé du parcours.

C’étaient les chefs d’entreprise et les maires des communes concernées qui avaient souhaité la mise en service de ce tram qui allait, au vrai, considérablement faciliter la liaison entre les villes et aussi le quotidien des ouvriers.

Seulement voilà : le tramway à vapeur passait très près de la frontière (dans le quartier des « Baraques » à Menen, on peut encore, me semble-t-il, apercevoir le quai de départ.) Alors évidemment, pendant la Grande Guerre, il fut un enjeu stratégique important. Les Allemands et les Alliés s’en approprièrent d’ailleurs des portions ; puis les voies, qui traversaient le front, furent détruites. Après la Grande Guerre, on les remit en service, mais le tramway disparut quand même au début des années trente, supplanté par le car.

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Une météorite tombe à Comines

A Sainte-Marguerite, le 8 juin 1962 devait être une journée comme une autre.

L’agriculteur était donc parti aux champs dans la matinée, et il s’était engagé avec son cheval entre les rangs de pommes de terre qu’il avait semées.

Mais soudain, l’animal s’arrête brutalement et refuse d’avancer. Qu’est-ce que c’est que ce caprice ? Allez, en avant ! Le cheval finit par céder, mais fait tout de même un écart. Comme ce comportement ne lui ressemble pas, l’agriculteur est intrigué.

Métérite photo de MichelPour comprendre ce qui se passe, il descend de cheval et découvre un trou d’à peu près quarante centimètres de profondeur dans le sol. Au fond du trou, l’agriculteur gratte un peu la terre, et décèle une grosse pierre noire, toute scintillante. Il s’agit d’une météorite tombée la nuit précédente!!!

Elle consiste en six fragments pesant en tout 4, 95o kg, de nature pierreuse, très riche en chondres et en minéraux métalliques. Qui l’eût cru?

Cette histoire date qu’il y a 57 ans jour pour jour.. Aujourd’hui, une partie de la météorite est conservée au Muséum d’Histoire naturelle de Paris.

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Le Mémorial britannique de Ploegsteert, à Comines-Warneton

953860439le 7 juin 1931, il y a exactement 88 ans, on inaugurait le Mémorial Britannique de Ploegsteert en présence du futur Roi Léopold III. Érigé le long de la route, cet édifice est, par sa taille, le troisième mémorial le plus imposant du pays. Comme les cimetières militaires du Commonwealth situés à proximité, il rend hommage aux plus de 11 000 militaires du Royaume-Uni et des forces sud-africaines qui sont morts dans ce secteur au cours de la Première Guerre mondiale et qui n’ont pas eu de sépulture.

Mémorial SIGNEEC’est la Commonwealth War Graves Commission qui décida d’ériger ce mémorial (qui au départ devait être construit dans la région lilloise) pour répondre à l’attente des familles endeuillées. Le mémorial de Ploegsteert sert la zone de la ligne Caestre-Dranoutre-Warneton au nord, à Haverskerque-Estaires-Fournes vers le sud, y compris les villes de Hazebrouck, Merville, Bailleul et Armentières, la forêt de Nieppe, et le bois de Ploegsteert.

Mémorial lion SIGNEELe monument se présente sous la forme d’un temple à colonnades de forme circulaire, et l’édifice est gardé par deux lions de pierre ; l’un symbolisant la Belgique et l’autre l’Empire britannique.

Depuis juin 1999, tous les premiers vendredis du mois, le Last Post (la sonnerie aux morts réglementaire dans les armées du Commonwealth et commémorant ceux qui ont été tués dans la guerre) retentit solennellement dans la rotonde du mémorial.

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La seconde bataille de Messines (1917)

Le 7 juin 1917, il y a exactement 102 ans, commençait la seconde bataille de Messines. Ce sont les Britanniques qui déclenchèrent l’offensive pour forcer l’armée allemande à déplacer des réserves vers la Flandre, pour capturer les positions allemandes sur la colline de Messines et priver l’ennemi des positions dominantes du sud du saillant d’ Ypres. Pendant les trois semaines précédentes, l’armée britannique avait déjà lancé pas moins de trois millions et demi d’obus sur l’ennemi, et Comines en avait reçu plus que sa part.

mesines

À 3h10 du matin, donc, le 7 juin 1917, les mines commencent à exploser. Les dégâts sont considérables. Entre les routes de Warneton et de Wytschaete, une mine britannique détone. Sa charge est de 43 tonnes d’ammonal et elle provoque un cratère de 53 mètres. (Rendez-vous compte, c’est à peu près la distance la distance entre l’hôtel de ville et l’église de Comines France !) Dans la même journée, dix-neuf fourneaux de mine situés dans les premières lignes allemandes seront détruits par les Anglais. La lutte entre la Lys et Ypres va être terrible et durer pendant des mois, laissant Comines dévastée sur fond de décombres.

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Le trésor de l’église de Comines, à l’heure de l’évacuation (1917)

st chrysole SIGNEEJe vous ai raconté dans les grandes lignes l’exode des Comines, en mai 1917. La ville allait être abandonnée et il fallait parer au plus pressé. Dans ce contexte, une question s’est alors posée : Qu’allait devenir le trésor de l’église ? Tous les vases sacrés, les tableaux, les livres précieux, les reliques, allaient-ils être eux aussi abandonnés, au risque d’être pillés et de disparaître à jamais?
Il avait en fait été question de le transférer à Tourcoing –c’est d’ailleurs là que furent mis en sécurité les coffres municipaux, les bons communaux et les archives de la ville. Le Doyen Lamstaes avait rassemblé les pièces précieuses que renfermait l’église ; il avait rempli pas moins de vingt-quatre caisses. Mais finalement, avant même qu’on réfléchisse à la manière dont on allait les transporter, une autre solution se présenta.

Oui, c’est bien un Allemand qui veilla sur le trésor de l’église. Cet homme était un prêtre aumônier et, même s’il était originaire d’Eschwiler, dans la région de Cologne, il s’était attaché à la communauté cominoise. On lui confia sans réserve le patrimoine religieux de la ville. L’aumônier Roeb –car c’était son nom- eut à cœur de sauver tout ce qui était précieux et déplaçable. Ainsi donc, le trésor de l’église de Comines-France fut acheminé par ses soins à l’archevêché de Malines, et celui de Comines-Belgique à Bruges. Il y a exactement 102 ans, le 31 mai 1917, le Doyen Lamstaes demandait au Père Roeb de sauver également la relique de saint Chrysole. L’aumônier la récupéra au péril de sa vie, car des bombardements intenses avaient éclaté. Cette relique, il ne la confia à personne. Il la conserva sur lui jusqu’à son retour en Allemagne. Après la guerre, il la restitua à la communauté cominoise. Quant aux autres richesses sauvées, l’Abbé Lefèbvre alla les chercher en mai 1920 à l’archevêché de Malines.

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L’exode des Cominois (1917)

Au début du mois de mai 1917 a commencé l’exode des habitants de Ten Brielen, Bas-Warneton, Houthem et, en France, du Blanc Coulon. Ce que les Cominois français redoutaient depuis des semaines allait fatalement se produire, et le 28 mai 1917, il y a exactement 102 ans, l’évacuation générale des Deux Comines commençait. L’ordre en avait été donné la veille. On venait de quitter l’église où on avait célébré la Pentecôte, quand le brigadier de police Leclerc avait intimé chacun au silence en agitant sa clochette, avant d’annoncer que dans les trois jours suivants, les huit mille Cominois devraient avoir quitté la ville, rue après rue, quartier après quartier. Suivaient les consignes pratiques d’usage. On avait beau avoir redouté cette évacuation, c’était la stupeur ! Et c’étaient les Alliés qui en avaient eu l’idée car Comines était proche de la ligne du front, et ils ne voulaient ni garder un recul de sécurité qui avantagerait les Allemands, ni massacrer la population. En toute hâte, les vieillards, les femmes et les enfants se préparèrent donc tant bien que mal, ne pouvant emporter que 25 kilos de bagages. Je me rappelle avoir vu récemment dans une exposition des photos insolites de l’exode, où on voit des Cominoises endimanchées et élégamment enchapeautées, portant tristement leurs maigres bagages : ne pouvant emporter que peu de choses, elles avaient conservé sur elles leurs effets les plus précieux, regrettant déjà tous ceux qu’elles devaient laisser derrière elles.
La préparation et les départs se poursuivirent pendant trois jours. Ce sont les Allemands qui organisèrent l’évacuation, avec la méthode dont ils sont coutumiers. Les affiches fleurirent sur les murs de Comines pour expliquer à la population comment les choses allaient se dérouler. On évacuerait d’abord les habitants des quartiers les plus exposés, – c’est-à-dire ceux des Maisons ouvrières, de la rue de Quesnoy, de la Gaie-Perche, de la rue d’Armentières. Se joindraient à eux de nombreux Cominois belges. Du moins, les femmes, les enfants et les personnes âgées et souffrantes, car les hommes mobilisables, eux, seraient séparés des leurs : ils quitteraient Comines, bien sûr, mais pour rejoindre un camp de travail forcé, les chantiers les plus proches se trouvant à Bousbecque, Linselles, Halluin ou Roncq.

Exode 1917 rassemblement au jardin publicLe rendez-vous, je vous l’ai dit, était fixé au jardin public, et beaucoup de Cominois avaient voulu se rendre à l’église avant de s’en aller. Au jardin public, quelques formalités administratives attendaient les personnes sur le départ : elles devaient restituer les cartes de maison et de pain, qui ne leur serviraient plus désormais. Ensuite, il était nécessaire de procéder à l’enregistrement des noms, et enfin, il fallait remettre sa carte d’identité au secrétaire de la kommandantur, Oestreicher. Tout cela prenait un certain temps, en raison du nombre de personnes concernées et surtout des paquets et des valises qui encombraient le passage. Les Allemands avaient prévu des véhicules pour acheminer jusqu’à Wervicq les gros bagages. Enfin, lentement, les Cominois s’éloignèrent par les rues du Pont, du Fort, du Faubourg, afin d’atteindre la gare de Wervicq Belgique, où la grande aventure allait réellement commencer (les voyageurs ignoraient compliquer leur destination). Des trains attendaient les exilés pour les conduire vers Courtrai, Gand, Bruxelles… En fait, plusieurs destinations étaient prévues, selon que les Cominois parlaient ou pas la langue flamande. Tous, ils iraient de village en village, pas toujours bien accueillis. Et tout cela était très douloureux, très éprouvant : dans la confusion générale, des enfants avaient perdu leurs parents ; la fatigue était très pesante, et dans le convoi se trouvaient aussi des personnes âgées ou malades, des femmes enceintes, pour qui l’épreuve était particulièrement difficile. Il y eut même des morts…

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