La Goutte de lait à Comines.

Goutte de lait signeeIl y a exactement  115 ans, le 8 septembre 1904, on ouvre à Comines un établissement qui occupe une place de choix dans les œuvres d’assistance et de bienfaisance du maire Désiré Ducarin : la Goutte de lait.

Le projet était ambitieux, mais il faut savoir qu’au début du XXe siècle, 14% des enfants mouraient avant l’âge d’un an. C’était considérable et il fallait tenter d’enrayer ce phénomène. Il se trouve que quelques années plus tôt, Pasteur avait effectué ses découvertes sur les micro-organismes, et les médecins commençaient donc juste à se préoccuper non seulement de l’hygiène des biberons – adieu les flacons en métal rouillé ou en verre avec un col étroit ! – mais aussi de celle de leur contenu – c’est à-dire du lait ! Désiré Ducarin a-t-il eu conscience qu’il rejoignait dans son engagement les pères de la pédiatrie sociale ? Toujours est-il que lors de sa campagne électorale, il inscrivit à son programme la construction d’un établissement où on effectuerait des consultations médicales, où on distribuerait du lait pasteurisé et même, pour les femmes allaitantes les plus nécessiteuses, de la layette, des œufs, du lait ou de la farine. Cette institution, ce serait la Goutte de lait, – une goutte de lait de plus devrais-je dire, parce que depuis 1894, ce type d’établissement s’était multiplié en France (On comptera plus de cent Gouttes de lait sur le territoire en 1914).

Goutte de lait signee2Ducarin avait rêvé d’un tel dispensaire pour les Cominois, et c’est son épouse qui va le mettre en place en 1904, dans un local situé dans l’actuelle rue Pasteur. 25000 litres de lait y sont distribués chaque année, mais il ne faut pas limiter l’œuvre à cette seule distribution et mésestimer du même coup la visée évidemment pédagogique de l’établissement : à la Goutte de lait, les consultations médicales sont en effet l’occasion d’encourager l’allaitement et de donner des conseils d’hygiène précieux aux mamans.

Après quatre ans d’existence, en 1908, le couple Ducarin, qui jusque-là en a assuré financièrement le fonctionnement, fait don de ce dispensaire à la ville de Comines. C’est donc un peu plus tard que la Goutte de lait va s’installer dans un pavillon du nouvel hôpital, où elle va poursuivre sa très belle œuvre de bienfaisance.

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LA LIBÉRATION DE COMINES

Il y a exactement 75 ans, le 6 septembre 1944, quelques Cominois voient s’avancer un défilé de camions Chevrolet qui progresse vers la place. Ce sont les Anglais. Après une halte permettant d’aller aux renseignements, (quelques jours plus tôt, les Allemands avaient quitté Comines France, mais de l’autre côté de la Lys, ils étaient toujours présents-) les Alliés continuent leur avancée vers la place.

Des chars se positionnent face à la frontière (le pont est détruit depuis un moment) et des tirs sont échangés pour libérer Comines Belgique. Des Allemands qui se dirigeaient vers le pont-frontière sont tués.

libarationMais déjà, la rumeur de l’arrivée de la 7e division fait sortir les Cominois dans les rues. Une véritable liesse populaire éclate : on pavoise les maisons avec des drapeaux français, et on fait aux libérateurs de Comines l’accueil le plus enthousiaste qui se puisse imaginer. Certains habitants montent sur les autos blindées ou escaladent l’automitrailleuse anglaise, et de leur côté, les Anglais, tout aussi heureux, leur  distribuent des chewing-gums. La joie est indescriptible. Chacun veut se faire photographier avec un soldat.

Et puis commencent les cérémonies officielles. Dans le cimetière communal, un hommage est rendu aux cinq soldats britanniques qui y sont enterrés. L’ensemble des troupes du Colonel Mac Leod ayant gagné la Grand-Place, les Cominois assistent ensuite à une prise d’armes, puis les troupes repartent à pied, menées par un défilé de cornemuses.

La libération s’est faite de manière plutôt paisible à Comines France. Pourtant quelques jours plus tôt, plusieurs résistants français et belges ont trouvé la mort, dont le photographe Pierre Housez. Enfin, Comines est libérée. La vie va pouvoir reprendre, une nouvelle ère commence.

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Le doyen Lamstaes arrive (presque) en triomphe à Comines

Douze jours à peine après le décès du doyen Leynaert, qui pendant presque vingt ans avait géré la paroisse de Comines tambour battant, avec son grand dynamisme et son âme de bâtisseur, l’abbé Charles Lamstaes fut nommé curé-doyen de Comines. Il n’y était pas un parfait inconnu car, en tant que missionnaire diocésain, il y était venu quelques années plus tôt pour prêcher une retraite.

Doyen Lamstaes signeeCe doyen allait rester vingt-neuf ans à Comines, partager avec les habitants l’épreuve de la Grande Guerre, épouser totalement leur destinée, et son ministère modeste mais fécond allait considérablement marquer l’histoire de notre ville. Bien qu’il n’y fût pas né, on peut dire que le Doyen Lamstaes fut lui-même un grand Cominois.

Pourtant, quand il prit ses fonctions, le climat était très tendu. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat avait été votée quelques mois plus tôt seulement. Plus récemment encore l’inventaire des biens de l’église avait eu lieu sur fond de conflit, -les paroissiens ayant organisé une véritable résistance et tenté d’empêcher les forces de l’ordre d’entrer dans les lieux de culte. En avril, le maire Désiré Ducarin avait fait interdire un rassemblement de jeunes organisé par les patronages catholiques, à la suite de quoi le préfet avaient intimé aux sapeurs-pompiers la défense de participer aux processions religieuses. Monsieur Ducarin s’était aussi convaincu que la distribution de pain aux pauvres de la paroisse allait être bientôt refusée par l’Eglise à ceux du Bureau de Bienfaisance, et c’est pourquoi il s’en fallut de peu que les édiles et les associations boycottent les funérailles du Doyen Leynart.

Quand l’abbé Lamstaes fut nommé, sans doute avait-il déjà conscience des difficultés qu’il allait devoir affronter. Venu à Comines incognito pour découvrir son poste, il tint à échanger avec les vicaires de la paroisse et le président du Conseil de fabrique (ainsi appelait-on l’assemblée de clercs et de laïcs chargés d’administrer les biens d’une église). Mais il n’alla pas rencontrer le maire Ducarin, si bien que celui-ci (peut-être vexé) refusa ensuite d’honorer l’invitation du Conseil de fabrique d’assister à la cérémonie officielle de réception du Doyen. Le maire empêcha même les sociétés cominoises d’y participer. Il consentit toutefois à ce que la Paroisse organise la cérémonie et l’assortisse d’un cortège, pourvu que celui-ci ne trouble pas l’ordre public.

Doyen Lamstaes nommé Chanoine honoraire 1917 signee Le 27 août 1906, il y a donc précisément 113 ans, le curé-doyen Lamstaes arrivait à Sainte-Marguerite, où il fut accueilli par le curé Brunel. De là, il se rendit en procession jusqu’à Comines, escorté par  deux-cents cavaliers et une trentaine de cyclistes. Au coin de la rue de Quesnoy,  on avait dressé à l’occasion une chapelle à laquelle le cortège se recueillit et qui symbolisait l’entrée dans la paroisse. Ensuite, la procession se poursuivit vers la place, à travers la ville dont les rues avaient été décorées. Les Cominois avaient orné leurs façades de  guirlandes de fleurs, de drapeaux et d’oriflammes. Le maire ayant interdit qu’ils prennent part aux cortèges, les sociétés musicales, les associations et les pompiers avaient déserté la manifestation, mais les écoles privées, le patronage et les confréries se démenèrent pour donner de l’éclat à la réception. Si les édiles en poste étaient absents, l’ancien conseil municipal, les notables et les partisans de la religion, comme le député Grousseau, étaient bel et bien présents, eux, autour d’une foule de paroissiens heureux d’accueillir leur nouveau Doyen. Autre temps, autres mœurs… On imagine mal que de nos jours, le futur curé de Comines soit accueilli avec un tel faste et un tel engouement.

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Enfin une église à Sainte-Marguerite, le hameau de Comines!

Le patrimoine religieux souffrit énormément lors de la Révolution française. Le clergé était pour les révolutionnaires trop associé à l’ordre établi, aussi s’en étaient-ils violemment pris au pouvoir ecclésiastique et aux biens de l’Église. À Comines, au milieu du XIXe siècle, les couvents et les chapelles avaient été complètement saccagés, et le seul lieu de culte encore debout était désormais l’église. Un peu à la fois, une fois sortis de la Terreur, il avait fallu reconstruire les chapelles, et la première à accueillir les fidèles fut celle de l’hôpital.Eglise sainte-marguerite

Mais de tous les Cominois pratiquants, les ruraux de Sainte-Marguerite étaient en vérité les plus lésés car le seul moyen pour eux d’entendre la messe était de venir jusqu’à la ville. Ils en souffraient d’autant plus qu’il existait autrefois une chapelle dans leur village, déjà consacrée à sainte Marguerite, la patronne des femmes enceintes. Sans doute était-elle liée à l’origine au château de Wynhem. Toujours est-il que ce lieu de culte avait été maintes fois détruit – notamment pendant les guerres de religion- puis on l’avait reconstruit au cœur du village. Et bien qu’il eût à nouveau été démoli en 1794, il était encore très présent dans le cœur des Margaritains. Ceux-ci essayèrent donc de le faire reconstruire en 1835, mais leur démarche auprès du curé n’aboutit pas. Tenaces, ils sollicitèrent ensuite, en 1856, l’archevêque de Cambrai qui, lui, les soutint. Mieux même, il fut plus ambitieux qu’eux : construire une chapelle ? Oui, d’accord… mais pourquoi pas une église plutôt, une grande église autour de laquelle se constituerait ensuite une nouvelle paroisse ? Après tout, le village comptait à l’époque à peu près mille-deux-cents habitants. Ne fallait-il pas se tourner vers l’avenir ?

L’abbé Derveaux fut donc chargé de mener à bien la construction de cette église, et il se consacra à cette tâche avec un bel enthousiasme que, pour tout dire, ne partageaient pas tous les Cominois : construire une église, cela coûte cher. Où allait-on trouver l’argent ? L’abbé se démena tant et si bien que les fonds furent réunis, notamment grâce à une souscription et à la vente d’une brochure rédigée par ses soins, Projet d’église à construire au hameau de Sainte-Marguerite. La première pierre de l’édifice fut donc posée le 19 mars 1858. Jean-Baptiste et Marie-Anne Vermès offrirent ensuite à la ville le terrain où allait s’élever le nouveau lieu saint. La municipalité accepta évidemment le don, mais refusa d’endosser une nouvelle charge. Qu’importe, le projet fut mené à son terme, et une très belle église d’inspiration gothique se dressa peu à peu, capable d’accueillir en son sein huit-cents fidèles. Sa forme en croix latine, bien proportionnée, et son clocher de 33, 33 mètres, surmonté d’une boule de zinc, lui donnait une fière allure.

Et il y a exactement 160 ans, le 16 août 1859, l’abbé Derveaux célébrait la première messe à Sainte-Marguerite dont il allait devenir le premier curé et dont le parvis porte aujourd’hui son nom. Nous devons aussi à cet abbé des travaux de recherches historiques, et particulièrement des Annales religieuses de la Ville de Comines.

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Des gueux saccagent l’église de Comines

vitraux-de-l--glise-de-Nieuwkerke signeeLe memento d’aujourd’hui va nous emmener au XVIe siècle. Certes, à l’époque, le raffinement règne dans les arts, la pensée humaniste rayonne et les idées se diffusent. Mais derrière ce charmant tableau, la vie n’est guère paisible : les famines sévissent périodiquement, une grande instabilité politique domine et huit guerres de religion vont se succéder en moins de quarante ans.

L’été 1566 est particulièrement agité dans notre région qui va devenir le théâtre de la révolte des Gueux. Les Gueux, ce sont au début des opposants politiques au roi d’Espagne Philippe II et à sa demi-sœur, Marguerite de Parme, la régente des Pays-Bas espagnols auxquels la châtellenie de Lille est à l’époque rattachée. En ce temps-là, les protestants sont assez nombreux dans notre région, or ils se sentent opprimés par ces souverains catholiques, auxquels ils demandent en vain la suppression de l’Inquisition et la liberté de conscience. Ainsi, pendant la révolte des Gueux, le conflit politique ourdit la trame des tensions religieuses. Les calvinistes finissent par s’armer et ils haranguent les foules dans des prêches haineux. Le 10 août, à la suite d’une de ces prédications violentes, des casseurs dévastent le couvent Saint-Laurent de Steenvoorde, et cette profanation va mettre le feu aux poudres.

gueux signee hogenberg_bildersturm_1566Car comment toucher au cœur les Catholiques ? En s’en prenant à leurs églises, bien sûr ! Et plus précisément, à tous les ornements, icônes, peintures, sculptures dont elles sont ornées, et qui sont strictement interdits dans les religions protestante, juive et musulmane. Toutes ces images, l’Eglise réformée ne les tolère pas plus qu’elle ne respecte les Saints. Elle y voit même une forme de « superstition catholique. » Et c’est donc sur elles que la fureur des gueux iconoclastes, des briseurs d’images en d’autres termes, va se déchaîner. Cette vague de violence dévastatrice va traverser la Flandre de part en part, et le 15 août 1566, il y a donc 452 ans précisément, les Gueux arrivent à Comines.

C’est le jour de l’Assomption –un autre point de discorde entre les Catholiques et les Protestants. Cet après-midi-là, plus de quatre cents vandales excités arrivent dans notre ville depuis Wervik et Menen. Les soldats qui gardaient le château ne pouvaient guère suffire à les arrêter et ils se replient donc dans la forteresse. Les prêtres, le chapitre, les Sœurs Grises et les Augustines demandent eux aussi asile au château, où ils mettent à l’abri les reliques des saints. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la Collégiale est prise d’assaut : la horde de Gueux, armée de haches, a tôt fait de défoncer les portes de l’église et de la mettre à sac. Les autels sont démolis, les statues cassées, les tableaux déchirés, les verrières brisées. Le mausolée du grammairien Despautère est détruit, et les tombeaux des seigneurs de Comines, profanés.

gueux signeeCela ne suffit toutefois pas à calmer la furie des vandales, qui s’attaquent maintenant à la chapelle des Sœurs Grises, à celle de l’Hôpital, à l’église de Ten Brielen (400 églises seront saccagées en quelques jours.) Les couvents et les maisons des prêtres sont pillés et beaucoup de documents disparaissent, ce qui explique par exemple qu’il ne reste aujourd’hui quasiment pas de registres paroissiaux antérieurs à la révolte des Gueux. Les textes portant sur les saccages ne détaillent pas les dégâts effectués, par contre ils montrent que les commissaires ont surtout eu à cœur d’identifier les casseurs. Deux sectaires sont d’ailleurs arrêtés et pendus. Le Seigneur Philippe de Croy fait détruire le temple gueux que le Comte d’Egmont, Gouverneur de la Flandre, a eu la faiblesse de laisser construire (pour sa peine, il sera décapité), et à l’aide des poutres récupérées, il fait dresser des potences pour les Gueux. Quant à Philippe II, il refuse catégoriquement de pactiser avec les iconoclastes et de reconnaître leur religion, et au contraire il envoie l’armée espagnole pour châtier les révoltés qui, par centaines, sont exécutés, qui par l’épée, qui par le feu, qui par la corde.

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Et ainsi disparut le château de Comines…

A SIGNEE Sanderus revuIl y a exactement 345 ans, le 9 août 1674, le maréchal d’Humières, général des armées de Louis XIV, fit détruire le superbe château de Comines. Reconstruit au XIVe siècle par Colard de la Clyte, d’une robustesse qui égalait sa magnificence, celui-ci avait abrité l’une des plus riches bibliothèques des Pays-Bas.

A SIGNEE Châtelet 1Ce qui est étonnant, c’est qu’après avoir conclu en 1668 le traité d’Aix-la-Chapelle, qui rattachait Comines-Sud à la France, c’est précisément le Roi Soleil qui avait fait fortifier le château-fort par Vauban. Mais de crainte qu’il soit pris par les alliés, leur permettant ainsi de pousser les partis jusqu’aux places de la Flandre et de mettre en difficulté le royaume de France, c’est lui aussi qui fit sauter le château quelques années plus tard.

L’abbé Messiaen, dans son Histoire de Comines, assimile ce choix stratégique, totalement contestable selon lui sur le plan militaire, à du pur « vandalisme ». Il affirme aussi avoir entendu raconter une autre version de cette page de l’histoire, non avérée toutefois : lors d’un conseil de guerre, la question aurait été posée de savoir s’il convenait de détruire la place-forte de Menen ou celle de Comines. On aurait d’abord choisi de sauvegarder Menen. Et puis, contre toute attente, le conseil de guerre aurait changé d’avis et le roi aurait envoyé une dépêche pour annuler l’ordre de destruction du château cominois. Malheureusement, cette missive serait parvenue à A SIGNEE PICT02401destination trop tard et les fondations de la place-forte de Comines avaient déjà été attaquées.

Il tomba donc, notre château, mais non sans mal. Il fallut pour cela avoir recours à la sape et à sept mines différentes. Lorsqu’enfin ce joyau de l’architecture militaire médiévale s’écroula, toute la ville trembla sous le choc.

Que le Maréchal d’Humières se soit rendu coupable d’autres actes de ce type, faisant ainsi détruire la plupart des châteaux du pays de Liège, peu nous importe, finalement : cela ne nous console pas d’être privés du plaisir d’admirer le château-fort de Comines. Celui-ci serait assurément aujourd’hui notre plus grande fierté et un monument touristique très visité, comme les châteaux de Gand ou de Sedan. Et sans nul doute la confrérie de la Franche Louche organiserait-elle chaque année le jet des louches depuis une des tours du château, ce qui serait, avouez-le, plutôt grandiose.

Plan des fortifications signee2Au lieu de cela, que nous reste-t-il aujourd’hui de cette place-forte ? Bien peu de choses, en vérité : la seule parcelle restée debout, un pan de mur cintré que les Cominois appelaient la Brèche, fut à son tour détruite après la Grande Guerre, alors qu’on s’affairait à reconstruire la ville : elle se trouvait à l’époque dans la cour d’une brèche signeeblanchisserie, en lieu et place de l’actuel Lotus. Peut-être ce pan de mur gênait-il le passage, et après tout –je me fais ici sans aucune conviction l’avocate du diable – n’était-il pas une ruine de plus à déblayer ? Décidément, dans le feu de la reconstruction, on n’eut pas à l’époque un grand souci du patrimoine (songez à ce qu’il advint des tombeaux découverts lors de la construction de Saint-Chrysole).

Imaginez aussi ce que découvriraient les archéologues qui décideraient de faire des fouilles aux abords de la Place du Château. Et puisque nous en sommes à rêver,  et alors que depuis 19 ans, le château de Guédelon se construit pierre après pierre en autofinancement et selon les techniques et les matériaux utilisés au moyen-âge, est-il vraiment si fou d’imaginer qu’un jour de doux dingues passionnés essaieront de reconstruire le château de Comines ? Au cours de son histoire mouvementée, n’est-il pas après tout déjà rené de ses cendres, comme le phénix qui orne le médaillon des confrères de la Franche Louche ?

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Prise d’otages à Comines

MEMENTO  –  Il y a exactement 105 ans, le 6 octobre 1914, à 7h du matin, la circulation est interdite dans la ville de Comines, dont les rues sont gardées par des sentinelles. Pourtant, plusieurs hommes vont y marcher vers la place. Escortés par deux soldats armés et par le garde Leclercq, le Doyen Lamstaes, le maire Désiré Ducarin et plusieurs grands industriels cominois forment ce groupe très tendu : ce sont MM. Auguste Vandewynckèle, Vincent Cousin, Jules Lambin, César et Charles Schoutteten. S’ils avancent ainsi, c’est parce que le garde Leclercq vient de leur transmettre l’ordre du Commandant allemand de se rendre à la mairie où ils seront détenus en otages.

otages12-septembre-reims1L’occupant montrera bien des fois qu’il se moque complètement des « lois de la guerre » établies dans les conventions de La Haye. En effet, bien que ce soit interdit, il prendra souvent des civils en otages, la plupart du temps des notables et des élus, dans les territoires occupés. Ces personnes sont détenues prisonnières pour s’assurer la tranquillité de la population, prévenir les actes de sabotage qui pourraient être organisés contre les Allemands, ou faire céder les municipalités qui n’acceptent pas de payer les contributions de guerre exigées.

Ce jour-là, c’est peut-être une certaine liberté d’action que recherche le Commandant : les mouvements de troupe se succèdent depuis l’aube et les Allemands essaient en vain de percer le passage vers Armentières et, du côté belge, de vaincre la résistance des unités britanniques chargées de les contenir. Chaque fois, le repli se fait vers Comines.

Vers une heure, les otages sont libérés à la barrière des Trois-Ballots. Mais les faits ne manqueront pas de se reproduire plus tard.

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